|
 |
 |
 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| Imprimer |
|
|
Réalités hybrides à la fondation Vasarely (29/09/2005 - 31/12/2005) |
Focus © Electronic Shadow 2005
Electronic Shadow, fenêtre sur un nouveau monde.
Du 29 septembre 2005 au 31 décembre 2005
Des arts numériques à la Fondation Vasarely à Aix-en-Provence, dans le cadre du festival Arborescence.
Tout d’abord, il me semblerait intéressant de poser une définition d’un terme employé de façon récurrente dans l’art contemporain et peut-être un peu flou : « les arts numériques ». Appelés aussi « arts des nouveaux médias », ces travaux sont développés via des médias technologiques ou issus des nouvelles technologies de communication. Ce constat rend ce « type » d’art proche de la société de communication dans laquelle nous évoluons puisqu’il est fabriqué grâce à celle-ci. Cependant les arts numériques, contrairement à ce que certains peuvent penser, ne sortent pas du champ de l’art dit « contemporain », seul le médium ou le support de l’œuvre change.
Le thème de cette cinquième édition d’Arborescence, festival d’arts numériques et visuels, repose sur des questionnements autour de la participation et de l’interactivité. Plus particulièrement, les œuvres présentées relèvent d’une réflexion sur l’interrelation entre l’art, la nature et les nouvelles technologies. Ainsi, les visiteurs peuvent voir l’œuvre de Miguel Chevalier « Sur-natures », qui présente son herbier virtuel qui pousse de façon autonome et réagit à la présence du public. « Les pissenlits » d’Edmond Couchot et Michel Bret, à l’Ecole supérieure d’art, s’envolent grâce au souffle que le spectateur exerce sur l’écran. Cette installation interactive « capte » la réaction des personnes grâce à des détecteurs de présence qui font réagir l’œuvre en fonction de l’environnement.
A la Fondation Vasarely, Electronic Shadow, offre une rétrospective de leur travail réalisé depuis 2000. En effet, Naziha Mestaoui, architecte et Yacine Ait Kaci, réalisateur forment un duo d’artistes mêlant des domaines divers comme l’architecture, l’art, le design, la mode et l’environnement. Le résultat est plus qu’intéressant et interroge les enjeux des apports des nouvelles technologies de communication dans la vie quotidienne ainsi que les changements de « perception par rapport aux réalités en mutation ». Cinq installations sont présentées dans l’enceinte de la fondation : Focus, 3 minutes², H2O, Ex-îles et The Bride.
3 minutes² est une installation qui questionne la vie dans laquelle les comportements du quotidien sont assistés par l’apport des TIC (Technonogies de l’Information et de la Communication). L’espace se reconfigure en fonction des activités de celui qui y habite, l’environnement s’adapte à l’Homme. Cette question peut poser problème et inverse le fonctionnement de la nature : ce n’est plus l’Homme qui s’adapte mais l’environnement qui s'ajuste aux désirs de l’Homme. Cette œuvre questionne aussi notre propre rapport à l’image. En effet, le personnage est lui-même représenté en image, l’environnement virtuel n’est qu’une projection dans lequel le visiteur est immergé.
Focus raconte l’histoire du feu d’après la philosophie japonaise : feu sauvage, feu sacré, feu domestiqué par l’Homme sous forme d’images projetées sur trois panneaux mis en abîme à l’infini par un jeu de miroirs. La figuration d’un cercle au sol indique que le dispositif invite le spectateur à participer à l’œuvre. L’arrivée du spectateur dans le cercle réservé à sa présence enclenche un cycle d’images relatives à la domestication du feu, à l’industrie, à l’énergie créée par l’Homme. L’interaction du spectateur dans le dispositif fait sens dans le cycle évoqué par les artistes.
Les travaux d’Electronic Shadow mettent en exergue des problématiques qui pourraient bien prendre forme dans un avenir proche ou utopique dans lequel les nouvelles technologies se substitueraient aux gestes ordinaires de la vie de tous les jours. Grâce à une scénographie réussie, cette exposition dévoile une œuvre plastique, esthétique et profondément poétique qui plonge le spectateur dans un dispositif à la fois visuel, sonore et tactile. Un résultat efficace.
Laurène Macé
Informations
Festival Arborescence Arts numériques et visuels - Pays d’Aix et Marseille du 30 septembre au 9 octobre 2005 Site Internet : www.arborescence.org
Exposition Réalités hybrides d’Electronic Shadow du 29 septembre au 31 décembre 2005 www.electronicshadow.com (Cliquer ici pour plus d'informations)
|
 |
 |
|
|